Une formation sur mesure pour apprendre à assurer la relève

Comment arriver à former les meilleurs recrues dans une industrie de niche où le métier ne s’apprend plus vraiment de manière conventionnelle ? En les inscrivant à une formation créée précisément dans cet objectif par un comité sectoriel et les services aux entreprises des cégeps. Daniel Tardif, directeur des ressources humaines chez Filspec, est très enthousiaste à propos de la formation que suit son collègue : « On dirait qu’il assiste à un colloque. Des gens de la même branche qui, tout en apprenant, partagent leurs savoirs, leurs expertises distinctes.»

Dans plusieurs secteurs industriels, incluant celui du textile, le développement et la formation de la relève sont au cœur des préoccupations des dirigeants. Souvent, l’organisme peut compter sur de bons employés au potentiel prometteur, mais qui manquent de savoir-faire techniques ou de connaissances de base. « Voilà que nous pouvons avoir un employé, par exemple un contremaître, qui ira apprendre en quelques semaines ce qui nous aurait pris des années à lui montrer. Les avantages sont immenses  », dit Daniel Tardif, directeur des ressources humaines chez Filspec, une entreprise bien établie dans le milieu du textile.

Après un diagnostic fait en 2016, le comité sectoriel de la main-d’œuvre du textile (CSMO) avait recensé 420 entreprises textiles au Québec. « Ça représente 12 000 emplois. La moitié des entreprises compte envoyer au minimum un employé suivre la formation. Certains ont même indiqué vouloir en former 3, 4 ou 5 », ajoute M. Tardif.

Le programme de « Spécialisation technique en textile » offert par Synor, le centre de formation et de service-conseil aux entreprises du Cégep de Saint-Hyacinthe, vise à pallier l’absence de formation technique dans le domaine du textile et à développer les compétences des travailleurs en emploi dans cette industrie. Adapté pour eux, le programme compte 5 modules et est donné sous forme d’une alternance de cours en classe, de cours à distance et de visites industrielles.

Les effets se font déjà sentir chez Filspec. « Si on regarde la formation sous l’angle “investissement”, on en sort gagnant, dit M. Tardif. Oui, il y a des coûts. Mais on voit aussi à quel point nos employés collaborent. Ils ont compris que c’était une nécessité pour la survie de notre entreprise, cette formation. Ils acceptent de mettre les bouchées doubles quand c’est la journée de notre contremaître! »  Il ajoute : « à court et à long terme, on y voit que du positif. Comme il n’y a plus de programme textile dans les programmes de formation au régulier, et que les départs à la retraite se planifient en plus grande quantité, au CSMO Textile, on ne voyait aucune autre solution que la formation pour ne pas perdre l’expertise. L’employé formé va également avoir beaucoup d’occasions dans l’industrie. »

Déjà, une deuxième cohorte de « Spécialisation technique en textile » commencera à l’automne 2017. Pour plus de renseignements, consultez SYNOR, le centre de formation et de service-conseil aux entreprises du Cégep de Saint-Hyacinthe.

Les directions de la formation continue et des services aux entreprises des 48 cégeps du Québec vous proposent un accès unique à l’ensemble des services aux entreprises via le site Internet de cegepsetcies.com